Étienne Blanc : concrétiser les liens entre la France et la Suisse

Étienne Blanc : concrétiser les liens entre la France et la Suisse
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Lors des Rencontres franco-suisses de l’économie, Laurent Wauquiez, président d’Auvergne-Rhône-Alpes, a annoncé son intention d’intensifier les relations avec la Suisse.

Pourquoi cet intérêt pour le fait frontalier qui, jusqu’alors, paraissait secondaire ?

Nous avons toujours eu des relations étroites avec la Suisse mais de manière informelle. Aujourd’hui, nous souhaitons formaliser ces coopérations, multiplier les occasions de nous rencontrer. La métropole franco-genevoise s’impose comme la 2e d’Auvergne-Rhône-Alpes. Les frontières sont aujourd’hui davantage des coutures que des barrières et “coudre” ensemble nos deux pays nous rend plus forts. D’autant que les enjeux sont nombreux en matière de mobilité, d’économie, d’enseignement supérieur, d’environnement… Nous devons traiter ensemble ces sujets-là.

Concrètement, qu’en est-il?

La priorité des priorités c’est le transport. La Région et le Pôle Métropolitain sont déjà partenaires dans le cadre du volet territorial du Contrat de Plan État-Région (CPER) 2015-2020, à travers la Convention de coopération métropolitaine du Genevois français qui permet d’accompagner les grands projets aux enjeux régionaux importants de ce secteur. La Région devrait consacrer 8 M€ à cette convention en plus des 5 initialement programmés. Ce montant va notamment contribuer au financement de nouveaux pôles d’échanges multimodaux, parkings relais…

La Région fait aussi partie des partenaires du Ceva à hauteur de 55 M€ et soutient les études sur le rétablissement de la ligne du Tonkin entre Saint-Gingolph et Évian. Elle a d’ores et déjà délibéré en novembre 2017 sur un montant d’aide de 443000€ (sur 2 M€) pour la 2e phase de ces études*.

La Région a par ailleurs signé l’Alliance campus rhodanien…

Ce réseau a été créé en décembre pour consolider les synergies scientifiques entre les universités de Genève, Grenoble Alpes, Lyon, Lausanne et la Haute école spécialisée de Suisse occidentale. L’idée est d’encourager des coopérations universitaires spécifiques. Plus de 70 projets ont d’ores et déjà été déposés. Et la porte est ouverte : si d’autres universités de la région souhaitent intégrer l’Alliance, elles peuvent en faire la demande et soumettre des projets.

Vous avez également des projets sur le plan économique…

Nous voulons par exemple amener Auvergne-Rhône-Alpes Entreprises à prendre davantage en compte ce qui se passe en Suisse, à favoriser les mises en relation, à examiner de plus près les opportunités de bi-localisation…
Nous comptons également nous appuyer sur les CCI pour améliorer les échanges et notre connaissance réciproque des mécaniques. Si nous cumulons les puissances respectives des cantons de Genève, de Vaud et la région Auvergne-Rhône-Alpes, nous représentons le même poids que la Silicon Valley !

Quid de la prise en compte des enjeux de proximité?

Nous avons par exemple intégré la frontière dans le schéma régional d’aménagement et de développement durable du territoire (STRADDET). Parce que l’air n’a pas de frontière et qu’améliorer sa qualité est un véritable enjeu pour le Grand Genève, la Région a été co-signataire de l’accord transfrontalier Pact’Air.
Nous souhaitons également participer à la discussion relative au contournement autoroutier de Genève, valoriser l’accès au côté français de l’aéroport… Nous travaillons également avec le comité régional franco-genevois pour voir comment mieux coordonner l’implantation des surfaces commerciales de part et d’autre de la frontière… Nous avons énormément de choses à faire ensemble !


Hélène Vermare


 

* Cette 2e phase d’études doit faire l’objet d’une candidature, mi-2018, au programme Interreg France-Suisse pour un financement européen (FEDER) et de la confédération helvétique.

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